Jeudi 27 juin 2013 4 27 /06 /Juin /2013 18:52

Quelques mots à propos du MAHARADJAH DE RAWADJPOUTALAH et du génie d'HERGE.

Imaginons que vous cherchiez, comme cela vient de m'arriver, un renseignement sur le maharadjah de Jaïpur. Vous ouvrez Google sur votre I-pad. Vous tapez "maharadjah de..." Pas le temps d'aller plus loin. Qui apparaît en première ligne? En tout premier?

Le maharadjah de RAWADJPOUTALAH!

Celui des "Cigares du Pharaon"!

Un maharadjah imaginaire!

Une créature sortie du cerveau d'un artiste. Plus vrai que vrai. Vivant!

Quelle merveille! La fiction plus forte que la réalité.

Quel monde fabuleux grouille entre les pages des albums de Tintin! Entre les pages de tous nos livres,d'ailleurs, si sages en apparence alignés dans nos bibliothèques poussiéreuses.

Dire qu'il existe des moules à gaufres, pourtant lettrés et professeurs (des ceusses qui partent en croisière avec pour tout bagage les Mémoires d'Outre-Tombe dans la Pléiade), des professeurs, disais-je, qui accueillent le nom d'Hergé avec un petit ricanement méprisant.

Des pauvres cornichons qui ne sauront jamais quel bonheur ils se seront refusé par la faute de leurs préjugés de pédants.

A bon entendeur...

 

P.S. Un lecteur avisé signale à Bruce que Google ne place pas le maharadjah de Rawadjpoutalah en première position et s'indigne d'un tel manque de sérieux. Et pourtant Bruce n'a pas rêvé ce jour-là: il a vérifié et revérifié et ne souffre pas d'hallucinations. Mais en effet, il faut le reconnaître, le fameux personnage est passé en 6e position... Mystère. Faut-il pour autant effacer ce qui a été écrit plus haut? A toi de le dire, impitoyable lecteur...

 

 

 

Par Brucelit
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Mardi 5 mars 2013 2 05 /03 /Mars /2013 17:54

41KzRPAvhJL__SL500_.jpgNous venons d'apprendre que de persévérants historiens et archéologues anglais viennent de mettre au jour le squelette (bien conservé, c'est important!) du roi honni Richard III. Il reposait -si l'on peut dire- sous un parking de la ville de Leicester, jeté là par ses vainqueurs après la bataille de Bosworth en 1485. Des généticiens hors pair ont pu retrouver des descendants du dernier roi Plantagenêt - ou plutôt d'une de ses soeurs, et prouver que les ossements étaient de bon aloi. Un exploit! ou alors un gigantesque et génial canular... God forbid!

   Voilà largement de quoi relancer l'intérêt des amateurs d'histoire pour ce roi maudit.

  

   Précipitons-nous donc sur la biographie de Richard III par Paul Murray Kendall, parue en 1955-56 qui dort dans notre bibliothèque, jamais lue, ou jamais achevée.

   Cette fois, la motivation y est, car pour affronter cette oeuvre, il vaut mieux être équipé de quelques notions d'histoire.

   A défaut, il existe une alternative: se laisser aller au plaisir de la lecture, oublier sans remords ce qu'on a lu à la page précédente, et se réjouir de ce qu'on va découvrir à la suivante. On confond Norfolk et Northumberland ? On ne sait plus au juste qui a trahi Buckingham ou qui Buckingham a trahi ? La belle affaire! Il faut se laisser entraîner dans ce royaume de violence, de seigneurs rebelles, de félons, sans cesse menacé par les irréductibles Ecossais et par des usurpateurs de tout poil.

   Paul Murray Kendall, historien et professeur américain a dépouillé des montagnes d'archives, souvent hélas muettes sur certains points cruciaux, a travaillé comme un fou pour retrouver le vrai Richard d'York sous les tombereaux de calomnies déversées sur sa mémoire par ses successeurs Tudor, et derrière le personnage créé par Shakespeare qui a laissé l'image d'un monstre bossu, fourbe, pervers et assassin de ses neveux.

   Si votre question est justement :"Richard a-t-il assassiné ses neveux pour s'emparer du trône?", vous n'aurez pas de réponse. Kendall passe comme chat sur braise sur l'énigme des enfants de son frère Edouard. Il n'inculpe ni ne disculpe, et sans s'expliquer, ce qui est un peu gênant. Mais il est vrai qu'il n'existe pas de document à ce sujet, et même le vainqueur, l'usurpateur suivant ne fait pas mention de ce crime dans son "procès" contre le défunt Richard. La tendance actuelle semble être toujours "on n'en sait rien".

   Richard, bossu? Mystère en 1955. Les sources font allusion à "une épaule un peu plus haute que l'autre". La réponse, nous l'avons aujourd'hui: scoliose. Dommage que Kendall ne soit plus de ce monde!

   Non, ce qui intéresse l'historien, le biographe, c'est ce que l'on peut vraiment savoir de l'homme à la lumière des documents de l'époque. Et, vous le verrez, cet homme est bien différent de sa légende noire.

   Kendall se prend d'affection pour lui, à tel point qu'il nous tire des larmes quand, sur le champ de bataille de Bosworth, le roi tombe sous les coups des partisans de Tudor.

   "Il entendit des cris...un choc métallique. La cavalerie de Stanley taillait sa troupe en pièces. "Trahison!" criait-il entre deux coups de hache comme pour résumer en un mot la malédiction de sa vie. Aucun de ses hommes ne se trouvait plus à son côté. Il affrontait seul un bouquet de lances et d'épées aux coups desquelles il était insensible. Et pourtant, sur son heaume, en dépit de la poussière et des éclairs de l'acier, brillait toujours le cercle d'or de sa couronne. "Trahison!" hurlait-il en faisant tournoyer sa hache.

   Une dizaine d'armes transperçèrent son armure. Seul au milieu de ses ennemis, il tomba sans vie sur le sol, laissant son royaume et sa renommée entre les mains d'Henry Tudor."

 

   A la fin de la pièce de Shakespeare, Richard hurle "Un cheval, un cheval, mon royaume pour un cheval!" Même le grand Will avait dû admettre que Richard n'était pas un couard. Bien obligé. Si Henry Tudor avait vaincu sans péril...

   La pièce s'achève sur une tirade à la gloire des Tudor. Shakespeare savait lécher les bottes des puissants. Ce qui n'enlève rien à son génie, cela va sans dire.

 

   Dernière remarque: l'oeuvre de Kendall est magnifiquement écrite et a trouvé en la personne d' Eric Diacon un digne traducteur.

 

A lire aussi sur Richard III, le délicieux et passionnant roman: La Fille du Temps, de Josephine Tey

 

 

Par Brucelit
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Dimanche 3 mars 2013 7 03 /03 /Mars /2013 16:58

Que l'Académie Française ait décerné son prix à "L'Affaire Harriquebert" m'avait atterré. "Quo non descendamus?"pensai-je, car il m'arrive de penser en latin, comme le regretté pape Léon XIII.

 

 Je n'avais pas encore eu entre les mains le Prix Goncourt attribué à Jérôme Ferrari31oipxM6YUL__SL500_.jpg pour son Sermon sur la chute de Rome. "We have reached the deepest depth of the pit." me suis-je dit alors, car je pense aussi parfois en anglais, comme le Prince Charles.

 

Je ne commenterai pas ce livre lamentable, bouffi de prétention,assez dégoûtant, écrit par un cuistre: ce serait malhonnête. En effet, je n'en ai lu que peu de pages, avec le déagréable sentiment d'avoir été victime d'une escroquerie. Je parle ici de prix littéraires et de rien d'autre.

 

Le titre est bien, oeuf corse, puisqu'il est de Saint-Augustin.

 

Je serais l'évêque d'Hippone, je porterais plainte.

 

 J'aime encore mieux la philosophie simplette de Joël Dicker : "Qui ose gagne, Marcus. Pensez à cette devise chaque fois que vous êtes face à un choix difficile. Qui ose gagne." ...

Par Brucelit
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Dimanche 2 décembre 2012 7 02 /12 /Déc /2012 15:41

51qO5-Zm9ML__AA278_PIkin4-BottomRight--55-22_AA300-copie-1.jpgL'excellent magazine français BOOKS , qui s'intéresse aux publications du monde, à "l'actualité par les livres du monde", a consacré la couverture du numéro de septembre (no35) aux "Etats drogués", "l'Amérique dans l'étau des cartels." Le magazine présente un dossier fouillé  sur la question.

- Le Mexique sous l'empire des narcos

- La genèse des cartels

-Vers un Etat criminel de substitution.

 

Toujours sur la brèche et à l'affût des périls qui menacent le monde, Gérard de Villiers a publié en 2011 un bon roman sur le sujet, intitulé CIUDAD JUAREZ.

 

Dans le magazine, vous lirez de savantes analyses du phénomène. Dans le roman, vous aurez droit aux travaux pratiques, en situation réelle, si l'on peut dire cela d'une fiction.

 

On est au bord du Rio Grande, à El Paso, Texas et sans sa ville jumelle, de l'autre côté du fleuve, Ciudad Juarez, Etat du Chihuahua, Mexique. Plus question de westerns aujourd'hui, mais d'une guerre d'une violence inouïe, menée entre les "narcos", les trafiquants de drogue rivaux et par les forces de l'ordre, contre les narcos.

 

Afin de nous plonger sans ménagements dans le vif du sujet, l'histoire commence par une scène atroce, comme les affectionne Gérard de Villiers. (Rappelez-vous la scène d'ouverture épouvantable de la Solution Rouge ( SAS no 102), où le tortionnaire Khmer Rouge, Ta Mok, fait bouillir du thé sur la tête d'un prisonnier).

 

Comme les Américains de la DEA - la police fédérale anti-drogue - ne peuvent plus mettre un pied au Mexique,  le Prince Malko, barbouze de la CIA, est chargé d'accomplir une mission impossible sur le territoire même des narcos, à Juarez. En face de Malko une hydre à trois têtes: les narcos mexicains, les cartels colombiens et ... le Hezbollah.

 

Les cartels ont demandé aux narcos, à qui ils fournissent la marchandise à destination des USA, un petit service: faire passer le Rio Grande , avec la drogue, à cinq terroristes kamikazes du Hezbollah, qui se feront sauter quelque part aux Etats-Unis.

 

Quel rapport entre les Colombiens et le Hezbollah?  Très simple. D'étroits liens d'affaires, le trafic de drogue étant une des principales sources de revenus des fanatiques chiites du Hezbollah. Les cartels colombiens ne peuvent rien refuser à leurs excellents clients arabes, et les narcos pas davantage à leurs fournisseurs de stupéfiants.

 

Malko est, vous l'avez compris, chargé d'empêcher par tous les moyens le passage des terroristes aux Etats-Unis.

 

Gérard de Villiers décrit avec un réalisme dépouillé cette ville sinistrée de Juarez, où, dans un paysage de fin du monde, les femmes sont assassinées, les gens se terrent chez eux, la police est quasi totalement corrompue, le soleil fait rage, le vent soulève des tourbillons de poussière. Il y a du Sergio Leone dans ce SAS.

 

Cette guerre contre la drogue semble sans fin et sans espoir. Les moyens engagés, policiers et militaires, contre les organisations criminelles sont gigantesques, ruineux et si peu productifs que les trafiquants sont en passe de prendre le pouvoir dans certaines régions d'Amérique latine.

 

Comme le rapporte Olivier Postel-Vinay, rédacteur au magazine BOOKS, au sommet américain de Carthagène, en avril 2012, plusieurs Etats latino-américains ont suggéré de résoudre le problème par la dépénalisation , voire la légalisation de la drogue. Les Etats-Unis ont dit non. Mais la question est posée.

 

D'ailleurs, le 6 novembre 2012, les Etats du Colorado et de Washington ont légalisé les petites quantités de marijuana. Un premier pas... Du coup, une société de distributeurs automatiques de médicaments, qui pourraient aussi délivrer de l'herbe, a fait un joli petit bond en bourse! A suivre.

 

Bruce veut dédier ces lignes à Maria Santos Gorrostieta, une politicienne mexicaine qui vient de payer de sa vie sa lutte héroïque contre les narcotrafiquants. En ce mois de novembre 2012, on a retrouvé son cadavre mutilé au bord d'une route. Elle a été battue, torturée, brûlée, poignardée. Pour rien?

 

 

Par Brucelit
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Jeudi 22 novembre 2012 4 22 /11 /Nov /2012 18:16
852852597.jpg Hughes-Robert-La-Rive-Maudite-Livre-852852597_ML.jpg

 

 

 

 Certains livres sont des monuments. Ils représentent l'alpha et l'oméga de leur sujet, grâce à des auteurs passionnés, presque forcenés, qui dépouillent pendant des années des milliers de documents,  afin de présenter enfin l'image d'une époque aussi proche que possible de la réalité.

 

C'est le cas de "la Rive maudite". Le sujet en est la naissance de l'Etat d'Australie.

 

Dans la longue suite de crimes qui compose l'histoire des hommes, il en est un qui tient une place discrète, mais néanmoins honorable: la colonie  pénitentiaire de Botany Bay, plus connue sous le nom d'Australie.

 

Les Australiens, jusqu'à une date récente, n'étaient guère disposés à évoquer leur passé. Beaucoup n'étaient pas enthousiasmés à l'idée qu'un de leurs ancêtres était peut-être un de ces forçats qui constituèrent la première population blanche du continent (avec leurs gardiens et les administrateurs, bien sûr). Un livre comme celui-ci représente pour eux une mine de révélations, plus ou moins bien acceptées.

 

Les Anglais n'ont bien sûr pas inventé le bagne, mais ils ont fait preuve en la matière d'une imagination, d'une audace et d'une cruauté remarquables.

 

Commençons par le commencement. Le 28 avril 1770, le grand navigateur James Cook aborde la côte est de l'Australie, dans la région de l'actuelle Sydney et baptise la baie où il a jeté l'ancre "Botany Bay". Il prend possession de cette terre au nom du roi d'Angleterre, et, sans s'attarder davantage, repart pour de nouvelles aventures. Puis plus rien. Pendant 18 ans, plus personne, hormis les aborigènes, bien entendu.

 

A cette époque, en Angleterre, dans la misère londonienne et la pauvreté croissante des campagnes, le crime fleurit, puissamment aidé par un code pénal sans merci. Les autorités pénitentiaires ne savent plus que faire de cette population de délinquants. Les prisons sont surpeuplées. Et malgré tout, on pend moins. (Pour un vol de 40 shillings, la peine de mort s'applique.) Il arrive de plus en plus souvent que des juges indulgents, encouragés par le roi George III, sous-estiment la valeur des biens dérobés (39 shillings), sauvant ainsi le voleur du gibet. Mais qui dit moins de corde, dit plus de monde en prison...

 

Il existait toutefois une soupape de sécurité: les colonies d'Amérique où les condamnés en surplus pouvaient être expédiés pour travailler dans les  plantations, en quasi esclavage. Mais voilà que les colonies américaines se rebellent, chassent les Anglais et proclament leur indépendance, le 4 juillet 1776. Plus moyen pour Albion d'envoyer ses prisonniers outre-Atlantique. Les Américains remplacent avantageusement ces condamnés par des esclaves noirs. 47.000 de ces nouveaux esclaves sont "importés" chaque année - soit plus que le nombre de malfaiteurs venus d' Angleterre en un demi-siècle!

 

Complètement débordés, les Anglais choisissent de parquer leurs condamnés excédentaires sur de vieux rafiots pourrissants ancrés le long de la Tamise ou dans les ports du sud. Mais la situation est intenable, il faut d'urgence trouver une autre solution. Que faire?

 

Alors, une idée fait son chemin. Et si l'on envoyait ces rebuts de l'humanité, cette "classe criminelle" à l'autre bout du monde (on pourrait dire sur la lune), dans ce joli coin découvert par Cook en 1770, à Botany Bay? Oui, bonne idée! Oui, on ouvrira une colonie pénitentiaire en Australie! Incroyable, mais vrai, aucune expédition n'est envoyée sur place pour reconnaître le terrain et préparer l'arrivée de ces nouveaux habitants, les "convicts" et leurs gardiens. Pas le temps.

 

En 1786, le roi George nomme un officier de marine, le Capitaine Phillips "gouverneur de notre territoire appelé Nouvelle Galles du Sud". Dans le désordre et la précipitaion, la "First Fleet" se prépare. Phillips se bat pour obtenir les fournitures et les  moyens indispensables à la survie de ses passagers. 11 vaisseaux partiront pour les Antipodes, chargés de 736 convicts,  hommes, femmes, enfants. Des voleurs, des cambrioleurs, des faussaires... Pas de prisonniers politiques, ni de grands criminels. Une des convicts les plus âgées (70 ans) était condamnée à 7 ans de déportation pour avoir volé 12 livres de fromage. Le plus jeune était un petit ramoneur de 9 ans, coupable d'avoir dérobé quelques habits et un pistolet.

 

Personne n'avait songé à choisir ces déportés en fonction de leurs aptitudes à fonder une colonie sur une terre inconnue. Un seul pêcheur, un seul jardinier (de 20 ans).

 

Phillips finit par lever l'ancre le 13 mai 1787 et les neuf navires font voile vers Tenerife.

 

Le 19 janvier 1788, les bateaux atteignent  Botany Bay après 252 jours de voyage.  Aucun bâtiment de perdu. 48 morts. Des pertes très légères, compte tenu de l'époque et des conditions de voyage... (Les 2e et 3e flottes seront autrement meurtrières.)

 

C'est ainsi que l'histoire de l'Australie moderne commence.

 

Si vous choisissez de vous attaquer à cette oeuvre monumentale - comme Bruce vous y engage - vous saurez tout de nos "voisins du dessous".

 

 La famine, les maladies, la violence et le désespoir des premières années. La guerilla entre les nouveaux venus et les aborigènes. Sur la Terre de van Diemen, l'actuelle Tasmanie, pas un indigène ne survivra à l'extermination systématique organisée par les colons.

 

 Les bagnes dans le bagne pour les récalcitrants, dont  beaucoup de rebelles irlandais: l'ìle lointaine de Norfolk, entre autres lieux maudits, où sévissent impunément des gouverneurs sadiques. Les chaînes, les flagellations à grande échelle avec le fameux cat-o'nine-tails - le chat à neuf queues - qui arrache la chair des torturés. Un prisonnier nommé Joseph Mansbury "survivra" à 2000 coups de fouet administrés en 3 ans. Certains commettent un crime puni de mort dans l'espoir d'être ramenés à Sydney pour y être jugés et pendus.

 

Les coups de fouet sont minutieusement comptabilisés: en Nouvelle Galles du Sud , pour l'année 1837, on compte 2.985 flagellations - nombre exact de coups, 124.333.

 

Puis, peu à peu, la colonie pénitentiaire s'organise, sort de son extrême misère, si bien que des colons libres affluent, bénéficiant d'une main d'oeuvre, les convicts, à la limite de l'esclavage. Beaucoup de convicts libérés restent en Australie , n'ayant rien à espérer d'un retour vers la mère patrie. Une nation commence à naître.

 

Robert Hughes vous racontera avec passion cette terrible épopée en plus de 600 pages, imprimées en tout petits caractères, sans jamais vous lasser, dans une langue magnifique, pleine d'ironie, de lyrisme et de compassion.

 

Il existe de cet ouvrage une traduction française partielle, "La rive maudite", parue chez Flammarion. Un travail d'amateur. Les indispensables cartes ont disparu, de même que l'index et la bibilographie. Assez navrant, mais c'est mieux que rien.

 

Environ 160.000 convicts furent déportés en Australie entre 1788 et 1868.

 

A noter, à titre de comparaison, que le bagne français de Guyane sera institué en 1852 et sera supprimé en 1945.

 

 

Par Brucelit
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